Tout cela je ne le retrouve pas à Paris, je ne me sens pas chez moi, je n'ai aucune histoire avec les meubles, les murs n'ont rien vécu, les miroirs n'ont rien vu. Et je n'y trouve aucune odeur évocatrice, correspondant à autre chose qu'à la cuisson ou à mon déodorant dans la salle de bain le matin.
Bien sûr que tout cela viendra plus tard, après, je suis patiente et optimiste. Mais pour l'instant, je suis toujours heureuse de retrouver mon environnement, chaque semaine de prendre ce train qui me ramène chez moi.
C'est rare d'avoir cette symbolique dans le train. D'habitude, il nous éloigne toujours de chez nous, de l'être aimé.
Depuis quelques temps j'ai envie de monter dans un train. Chaque semaine gare de l'Est, je regarde sans raisons les horaires des trains en partance pour Strasbourg, Munich, Lille...avec cette envie de m'engouffrer dedans. Ce serait ici prendre un train vers le renouveau, vers le nouveau, l'autre. Il faut que je parte, que je fasse ma valise, prenne une amie par la main, acheter un billet, et partir.
Il est nécessaire de partir, je crois. De se retrouver avec soi-même, de tout quitter pour ressentir le manque, pour réaliser qui l'on est, ce que l'on veut, ce que l'on ressent, envisager son avenir, l'après. Cela n'est pas rendu possible en restant ici, entre Paris et St-Jean, en restant dans ce train.

